Bon soldat Lionel Gillet18 ans d’armée et de guerres t’ont laissé un printemps rouge et dénaturé. 18 ans pour faire exploser une puissante et scabreuse envie de vivre ta vie. Mais voilà que celle-ci, dans toute sa violence, te brandit le spectre du passé.

Au cœur de tes souffrances, j’ai lu tous mes silences. Au sang de ton vécu, mes peurs j’ai vaincues.

Un foyer, un  vrai nid, c’était là le remède. Étranger, protecteur, sauveteur au grand cœur. Fier, solide et si fragile à la fois.

En bon soldat sacrifié et soumis, avec ton éminent esprit, tu as tout appris des grandes stratégies d’attaque et de survie, avec comme seule reconnaissance de ton courage, celle de devenir un héros.
Sous ta carapace et ton artillerie de parachutiste se cachait la beauté d’un dieu de l’Olympe, tombé du ciel pour devenir mortel.

Mais comment apprivoiser l’ennemi invisible, celui qui dans les combats a cruellement fauché tant de nos frères de tous bords, et qui s’obstine de plus belle ?

Peut-être as-tu perdu ton âme, comme un souffle brise la flamme...Car aujourd’hui, bien en vie, c’est avec toi-même que tu luttes pour quitter ta prison mort-dorée, celle qui te fait voir la liberté ou l’épanouissement de ton être comme un coupable pêché !

Que la paix soit en toi, que ton tourment s’émousse, et que tes heures soient douces …
Ghislaine Letourneur

A Lionel Gillet
"Je ne sais comment qualifier l'émotion qui a été la mienne lorsque j'ai découvert vos peintures, et particulièrement votre exposition "Bon soldat". Je cherchais une illustration pour mon texte et en vérité, seule votre peinture m’a parlé.

Je suis fille de militaire (marin), et je réalise maintenant que j’ai été comme une « éponge » qui, depuis toute petite, a absorbé le Bon Soldat 2 Lionel Gillet peinture

stress et les angoisses de mon père. Combien de fois me suis-je inconsciemment questionnée sur ses regards vagues et fixes, ses attitudes souvent distantes, parfois violentes, sa phalange de doigt coupée ? Pour au final développer une écoute jusqu’à l’aider à préparer sa mort...

Après son départ, pendant des années, je n’ai eu en tête que des boucheries de guerre. Il faut dire que ces pensées-flash étaient latentes. Puis, obsédantes, du matin au soir, elles étaient difficiles à supporter. Pour moi, il n’existe rien de pire sur cette terre que la guerre (et le meurtre).

Ma conscience des blessures physiques et morales qu’elle inflige est si grande que j’ai le sentiment d’être déconnectée des futiles réalités de nos sociétés. Beaucoup de pays paient un lourd tribut de cette futilité, de notre confort de vie, ainsi que des gouvernements dictatoriaux.

Je me pose tout de même toujours la question : Comment peut-on encore de nos jours aller faire la guerre ? Il faut avoir une notion de sacrifice de soi, de l'inconscience, peut-être des parents castrateurs, un père trop autoritaire, un goût pour la violence et l'argent ? Que sais-je ?

Votre peinture est pour moi du très grand art. Merci d'être, et pour tout ce que vous m'apportez. Je pourrais développer d'autres ressentis par rapport à votre exposition photos Zunge Messer..."

« Le corps est le seul lieu d’expérimentation commun à tous, universel et personnel, il est le langage quand le langage est mort, il est l’outil quand le pouvoir doit être détruit. La finalité autodestructrice de la soumission nous montre la voie d’un retour vers le primitif en nous pour accéder à cette troisième voie qui est ce que nous devons être. La brutalité des mouvements des sujets fait écho aux vives pulsions des changements profonds qui les animent. Si violence il y a, c’est celle induite par le développement comme stratégie de survie. » Lionel Gillet.

Lionel Gillet - Exposition "Bon soldat" - Peintures expressionnisme contemporain. Du grand art !!
Familles de Mili